Concours de valorisation des talents : l’industrie audiovisuelle ivoirienne passe la vitesse supérieure

À l'Espace Latrille Events de Cocody, d'anciens lauréats du concours Pitch, Sakooma Movies SARL pour « Bassa Kéré'Gbé », Franck Vléhi pour « Manley », et Amida Balega pour « Naike » sont venus témoigner de ce que leur victoire avait changé pour eux. Un moment fort qui a donné le ton de la quatrième édition du Salon International du Contenu Audiovisuel d'Abidjan (SICA), lancée ce mercredi 8 juillet 2026 : un dispositif conçu pour transformer des idées en œuvres, et des créateurs en entrepreneurs culturels.
Ont pris la parole, M. Méité Sindou, directeur général de l'Agence de Soutien et de Développement des Médias (ASDM) et président du Comité « Valorisation des Talents », et M. Oumar Konaté, commissaire général du SICA.
M. Méité Sindou a d'abord salué l'assemblée, en particulier le ministre de la Communication, M. Amadou Coulibaly, initiateur en 2023 du concours devenu « Valorisation des Talents », ainsi que M. Oumar Konaté, qui « nous pousse à oser, et à élever nos objectifs sans peur de rencontrer quelques échecs ».
Sur la période 2023-2025, le concours de Pitch a primé 9 lauréats pour un montant cumulé de 140 millions de francs CFA. L'an dernier seul, il a enregistré 82 candidatures, 14 projets présélectionnés et 4 lauréats primés ; le SICA Business Hub a réuni 14 producteurs et 11 distributeurs, débouchant sur 6 intentions de financement.
Mais, M. Méité Sindou n'a pas éludé les constats qu'il a lui-même qualifiés d’« implacables » : malgré la mise à disposition intégrale des enveloppes financières, seulement 2 projets sur 9 sont aujourd'hui en phase de maturation, et les 6 intentions de financement de 2025 ne se sont pas concrétisées. L'ASDM travaille désormais, avec le commissariat général du SICA, à « cerner les problèmes et à proposer les correctifs nécessaires ».
Pour lui : « le besoin réel de nos créateurs n'est pas uniquement financier. Injecter du capital dans un projet ne suffit pas ». Au-delà de l'argent, les porteurs de projets ont besoin d'accompagnement technique, administratif et juridique, et d’« un environnement propice à l'éclosion de leurs créations ».
2026 : une transformation radicale
Sur instruction du ministre de la Communication, l'enveloppe dédiée à la valorisation des talents, partie de 10 millions de francs CFA en 2023, atteindra 100 millions en 2026. Le concours de Pitch passe de quatre à sept catégories, série professionnelle (25 M), film professionnel (10 millions), documentaire (7 millions), amateur (5 millions), autres flux audiovisuels (5 millions), animation (7 millions), avec une nouveauté, le Pitch des écoles, doté d'un million de francs CFA pour les étudiants.
Le SICA d'Or passe lui aussi de quatre à six catégories, avec la création d'un prix « Meilleur Journal Télévisé » et l'introduction d'un vote du public (30 % de la note, contre 70 % pour le jury professionnel).
Dans le passage le plus marquant de son discours, M. Méité Sindou a rappelé qu'à peine 700 millions de francs CFA a été investis par l'ASDM en trois ans sur la production audiovisuelle, tous projets confondus. Un travail correctif est engagé, sous la supervision du Premier ministre M. Robert Beugré Mambé et avec l'appui de partenaires bancaires, pour mettre en place d'ici fin 2026 des guichets « beaucoup plus adaptés » aux besoins des créateurs.
Il a conclu sur une note d'optimisme, donnant rendez-vous du 26 au 28 novembre 2026 à Abidjan pour la 4ᵉ édition du SICA, sous le thème « Économie des contenus et diplomatie culturelle », avec le Japon comme pays invité d'honneur.
Le SICA, « du projet naissant » à la plateforme panafricaine
M. Oumar Konaté a salué le chemin parcouru : « Nous passons d'un projet naissant à une plateforme structurante, capable de faire rayonner non seulement la Côte d'Ivoire, mais tout le continent africain » cette édition marquant, selon lui, « le point de bascule vers la maturité » de l'événement, né en 2023 d'une vision portée par le ministre Amadou Coulibaly.
Il a détaillé la fonction stratégique du SICA : attirer des financements, favoriser les coproductions africaines et internationales, stimuler les partenariats entre créateurs, producteurs, diffuseurs et investisseurs. Pour 2026, il a annoncé un renforcement du niveau d'exigence, davantage d'opportunités de financement, et l'appui d'experts internationaux pour la sélection des projets.
« Ce n'est pas un concours de beauté pour projets », a-t-il résumé, mais « une chaîne de valeur complète : repérage, accompagnement, mentorat, financement, visibilité et accès aux marchés ». Il a conclu en évoquant une « bataille des imaginaires » mondiale, dans laquelle l'Afrique dispose des atouts nécessaires, créativité, diversité, singularité narrative à condition de cultiver l'excellence et la rigueur. « Le moteur, c'est vous », a-t-il lancé aux créateurs, avant de déclarer officiellement ouverts les concours « Valorisation des Talents » du SICA 2026.




